Diriger une PME peut parfois ressembler à faire de l’apnée du sommeil.
Diriger une PME ressemble parfois à une forme d’apnée prolongée. On avance, on livre, on décide… mais sans réellement respirer. Comme dans l’apnée du sommeil, on peut fonctionner longtemps sans s’en rendre compte. Jusqu’au moment où les effets apparaissent : fatigue persistante, baisse de concentration, irritabilité, décisions plus rapides que réfléchies.
En entreprise, les symptômes sont différents, mais la mécanique est la même. Lorsque le dirigeant ne s’accorde jamais d’espace pour reprendre son souffle, ce sont la vision, la clarté et la qualité du leadership qui finissent par s’essouffler.
Quand l’urgence devient la norme
Dans bien des PME, la gestion quotidienne glisse lentement vers une succession d’urgences. Les enjeux humains prennent toute la place : absences imprévues, inconforts de gestion, tensions à désamorcer, décisions délicates à trancher rapidement. Le dirigeant réagit, règle, passe au suivant… sans jamais vraiment revenir à l’essentiel.
Comme dans l’apnée, le corps s’adapte. L’entreprise aussi. Mais cette adaptation a un coût. La fatigue mentale s’installe, la prise de recul devient plus difficile et la vision stratégique se brouille.
Les signaux qu’il est temps de respirer
Plusieurs dirigeants reconnaissent ce moment où tout devient plus lourd. Ils sentent qu’ils réagissent davantage qu’ils n’anticipent. Les décisions RH sont prises dans l’urgence, parfois avec un inconfort persistant. La gestion des équipes demande de plus en plus d’énergie, sans toujours produire l’effet souhaité.
Ces signaux ne sont pas des failles. Ils témoignent souvent d’un haut niveau d’engagement. Mais, comme pour l’apnée du sommeil, ignorer les symptômes n’en diminue pas les effets.
Reprendre son souffle, sans tout arrêter
Reprendre son souffle ne signifie pas ralentir l’entreprise ni se retirer des décisions. C’est plutôt créer de l’espace mental pour diriger avec plus de clarté. Cela peut passer par des moments de recul volontaire, une meilleure répartition des responsabilités ou un soutien discret sur certains enjeux plus lourds.
Lorsque le dirigeant respire mieux, les équipes le ressentent rapidement. Les décisions gagnent en cohérence, les gestionnaires deviennent plus autonomes et le climat s’apaise. L’organisation cesse de fonctionner en apnée et retrouve un rythme plus sain.
Respirer pour durer
Diriger sans respirer peut sembler tenable pendant un certain temps. Comme l’apnée, on s’y habitue. Mais à long terme, les effets se manifestent toujours, parfois là où on s’y attend le moins.
Reprendre son souffle, c’est choisir la durabilité plutôt que l’urgence. C’est accepter que le leadership n’implique pas de tout porter seul, mais de créer les conditions pour que l’organisation respire… même lorsque le rythme s’accélère.
Et parfois, ce simple espace de respiration fait toute la différence.
Et si reprendre son souffle commençait par une conversation?
Prendre du recul sur sa façon de diriger permet souvent de retrouver de la clarté, sans ralentir l’entreprise.
Un échange permet parfois d’identifier rapidement où créer de l’espace… et par où commencer.