Imaginez recevoir le CV de Marie-Philip Poulin.

Depuis quelques mois, en entrevue comme en présélection, je remarque à quel point plusieurs profils atypiques continuent d’être sous-estimés simplement parce qu’ils ne correspondent pas au parcours “classique” attendu sur papier.

 On analyse encore beaucoup les titres d’emploi. Les années d’expérience directe. Le secteur précis. Le parcours linéaire.

Et pourtant, certains des profils les plus intéressants que je rencontre actuellement sont justement ceux qui ont développé leurs compétences ailleurs.

Récemment, je me suis posé une question assez simple.

Si le CV de Marie-Philip Poulin arrivait sur le bureau d’un recruteur qui ne connaît rien au sport… qu’est-ce qu’il verrait réellement ?

Probablement le CV d’une joueuse de hockey.

Un parcours impressionnant (Capitaine de la Victoire de Montréal, Capitaine d’Équipe Canada, Triple médaillée d’or olympique), oui, mais un parcours qui pourrait facilement être perçu comme éloigné du monde corporatif ou entrepreneurial.

Et pourtant.

Quand on prend le temps de lire entre les lignes, ce CV démontre probablement davantage de compétences humaines et stratégiques que plusieurs parcours beaucoup plus “traditionnels”.

Parce qu’au-delà du sport, ce qu’on voit réellement, c’est :

une capacité à performer sous pression, à mobiliser une équipe, à prendre des décisions rapides dans des moments critiques, à gérer des personnalités différentes, à représenter publiquement une organisation, à maintenir un niveau d’excellence constant pendant des années, et à faire rayonner une marque à travers son leadership.

Dans le contexte actuel, cette réflexion me revient souvent. Les profils de 2026 sont différents. Les trajectoires aussi.

 Les compétences transférables prennent une place immense dans plusieurs industries, mais encore faut-il être capable de les reconnaître.

Parce qu’un CV ne raconte pas seulement un emploi précédent. Il raconte aussi une façon de réfléchir, de collaborer, de gérer la pression, de communiquer et d’évoluer.

Et je pense sincèrement qu’en recrutement, plusieurs organisations passent encore à côté d’excellents candidats simplement parce qu’elles regardent trop le terrain de jeu… et pas assez les aptitudes développées dessus.

 Aujourd’hui, les meilleurs recruteurs ne sont plus seulement ceux qui trouvent des profils qui “matchent” sur papier.

Ce sont ceux capables de reconnaître le potentiel derrière des parcours parfois moins conventionnels.

Et honnêtement, je crois que cette capacité fera toute la différence dans les prochaines années.

Anick Royer, Directrice acquisition de talents et développement des affaires chez Annie RH Conseil

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